Le sexe, entre nous, pas de tabou !

Oh je sens que je vais parler comme une mamie de 26 ans dans cet article, mais je crois que plus jeune, j’aurais aimé lire des choses comme celles qui suivent, ou pouvoir me parler quand j’étais adolescente. Je précise dès maintenant que je parle de ma propre expérience et pas de celle d’une autre.


Je crois sincèrement que dans notre société, le sexe est beaucoup trop tabou et que si ça n’était pas le cas, cela éviterait peut-être certaines situations mais surtout beaucoup de regrets. Ma mère m’a toujours parlé librement de ce sujet, je pouvais poser toutes les questions que j’avais, mais finalement, on ne retient les leçons que de nos propres erreurs, c’est bien connu. Oui, je parle d’erreur parce que par le passé, j’ai fait des erreurs, j’ai eu des regrets et parfois je l’ai fait sans en avoir envie.

Pour replacer le contexte, sur ma première relation intime, il y a eu des violences. J’ai mis 7 ans à le reconnaître, à me l’avouer et je crois que ce traumatisme m’a fait commettre des fautes ensuite. Le sexe n’était pas pour moi quelque chose de magique et d’intime comme on pouvait me le décrire mais bien une arme, un outil de séduction pour arriver à mes fins. Puis dans cette société de consommation rapide, où il faut matcher pour parler, j’ai sombré. Il y a eu ma première relation qui s’est mal passé, également la seconde et la troisième. Après celle-ci, j’ai déménagé sur Paris avec l’idée qu’aucun homme ne m’aurait plus. Je voulais m’amuser, déconnecter et rejeter tout ce que je croyais.

J’ai souvent cette image en tête, d’une peinture parfaite qui serait la métaphore de ma famille, vous savez, la famille sans divorce avec des disputes invisibles, des enfants et des petits enfants heureux vivant tous à proximité. Cette image m’a souvent fait rêver et je voulais du plus profond de mon coeur en faire parti, sauf que j’ai eu l’impression de ressentir un coup de poignard par ces hommes qui m’ont arraché à mon monde de bisounours. Je suis devenue un point noir grossissant dans ce tableau, d’où ma fuite vers Paris. Les études étaient une belle excuse pour partir loin. Je n’ai aucun regret concernant mon parcours scolaires, enfin si quelques uns concernant ma discipline, mais je ne regrette pourtant pas mes choix.

En revanche, mes choix concernant les hommes n’étaient tellement pas glorieux, que j’ai même eu du mal à me l’avouer, encore. Le sexe était quelque chose soit de routinier dans une relation sans plaisir, soit quelque chose d’absent faute de complicité, soit complètement sauvage mais sans réel partage affectif. Ces relations m’ont permise d’apprendre à me connaître, de faire mon expérience et de savoir ce que j’aime ou non. Je regrette simplement de ne pas avoir appris cette leçon toute seule. Certes, certaines relations sont nécessaires pour évoluer, mais clairement, le plan Tinder d’un samedi soir trop arrosé n’a strictement aucune utilité.

J’aurais voulu apprendre à connaître mon corps seule, prendre le temps de me regarder dans un miroir, me toucher et découvrir mes zones érogènes. Savoir ce que j’aime pour pouvoir être d’accord avec moi même sur ce que l’on peut me faire ou non, pouvoir sincèrement dire que je me connais mieux que personne ne pourra le faire.

Comme je le disais, ce droit m’a été volé dès mes premières relations, alors oui j’ai des regrets. Mon corps ne m’a pas appartenu durant quelques minutes à chaque fois et j’ai perdu des années d’honnêteté et de dignité.

Alors quand je l’ai rencontré, je le lui ai dit. Je lui ai dit que je ne voulais plus saigner, que je ne voulais plus ne pas aimer les caresses que me ferait un homme, que je voulais le connaître avant d’être intime et que je voulais qu’il soit honnête avec moi. Il l’a été dès cet instant. Il m’a raconté sa vie, ses expériences et ses regrets mais aussi ses rêves et ses envies. Il m’a conquis doucement au point qu’on avait une telle complicité, qu’on avait peur de la briser en devenant amant.

Alors quand cette première fois est arrivée, on a parlé, la lumière est restée allumée, et un an après, c’est toujours le cas. Il est simplement devenu le meilleur amant que j’ai eu parce qu’il a su m’écouter mais aussi parce qu’il a eu envie d’apprendre à me connaître, comme moi je me connais. Il connaît par coeur mes courbes, mes fantasmes et mes points faibles, il sait comment me faire plaisir. Il pense à moi et il aime ce qu’il voit.

Cet homme aime sentir mon odeur, caresser ma peau, mettre sa main dans mes cheveux, me sentir frissonner, être à quelques centimètres de moi pour me regarder.

Le sexe n’est clairement pas tabou entre nous et ne l’a jamais été. Il ne devrait jamais l’être.

Votre corps vous appartient, parfois on pourra vous le voler et vous le rendre souiller, mais il n’y a que vous à l’intérieur pour savoir ce que vous aimer. Des relations peuvent vous faire vous sentir vivante, même le temps d’une soirée, mais après ? Un homme, ou une femme, qui aime ne doit aller que vers ce que vous aimez et le meilleur moyen de l’aiguiller, c’est de vous connaître vous-même.

Lorsque j’étais adolescente, vers 15 ans – et cet âge rajeunit – j’aurais aimé savoir qu’il m’était permis d’aimer mon corps sans tabou, sans trouver le sexe sale ou dégoûtant. J’aurais aimé pouvoir me sentir libre dans ma chambre, dans mon lit, face au miroir, de me découvrir, sans imaginer les horreurs que l’on pourrait dire sur moi si quelqu’un le découvrait. Le sexe n’est pas sale, ça ne devrait pas être tabou. Il n’y a rien de plus naturel qu’une relation intime entre deux individus, c’est même comme ça que l’on conçoit la vie, il n’y a rien de plus beau, à condition d’avoir le/la bon(ne) partenaire.

Je vous souhaite de trouver la bonne personne, si ce n’est pas déjà fait !

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