Orientation, Réorientation

L’été touche à sa fin bien que l’on dise bonjour à l’été indien, la plus douce et la plus agréable des périodes pour moi. Mais ces délicieuses semaines s’accompagnent de la rentrée et cette année, Septembre est angoissant, bien plus que je ne veux l’admettre.


Revenons un peu en arrière. La dernière fois que j’ai pris des résolutions, c’était le 1er Janvier, comme 99,9% des gens. J’avais décidé de reprendre ma vie en main, surtout du côté professionnel. Le plan était de trouver une formation qui me conduirait à un nouveau métier, hors de l’intermittence. Parce que même si j’ai adoré mes années d’étude dans le cinéma, clairement, je n’en vivrais pas. En revanche je ne regrette rien, j’ai vécu grâce à cette école les meilleures années, soirées de ma vie, elles représentent parfaitement la jeunesse parisienne que je voulais vivre. Seulement, mon rêve de petite fille, c’est bel et bien d’épouser mon Prince Charmant pour filer sur son cheval blanc et avoir beaucoup d’enfant. Et oui, que voulez-vous, mes parents me mettaient des contes de fée dans mon biberon !

Et maintenant que je suis plus grande, plus mature et plus posée, je suis aussi plus réaliste j’ai revu mes priorités. Alors quand il a fallu choisir une formation, je suis revenue à ma passion, le métier que je voulais faire étant petite: coach sportive. Tout a été très vite sur ce début d’année, il y a eu un long programme d’entraînement, des dizaines de menus pour manger correctement quotidiennement, une opération fin février pour l’appendicite, des semaines de rétablissement et une reprise difficile. Cette reprise m’a beaucoup touché moralement parlant. Je ne m’attendais pas à être coupée en plein élan et encore moins avoir autant de mal à repartir. Quand je me suis présentée fin juin, je savais que je n’avais pas le niveau. Bizarrement, je n’ai pas été affecté plus que ça par cet échec, je me suis reposée, j’ai tout lâché pour bien soufflé, mais je me sentais bien, même plus libre. Je ne sais pas si au fond, ce métier m’aurait convenu sur le long terme, si ça aurait été compatible avec mes rêves de famille. Quelques semaines plus tard, ce sentiment s’est confirmé lorsque j’ai vu des gens admis dans cette formation expliqué leurs préparations sur les réseaux sociaux. L’ambiance très macho, la compétition des plus gros abdos (…), très peu pour moi. Je dois aussi m’avouer que j’ai moins la force qu’avant, de me jeter dans le bain des requins pour me faire une place. Il y a quelques années, je l’aurais sûrement fait, comme je l’ai tenté avec le cinéma, mais maintenant, non, ce n’est clairement plus possible.


Alors dès début juillet s’est posé la question: qu’est-ce que je ferais en septembre ? Continuer l’intermittence, oui, malgré moi, il faut bien payer les factures, mais cette situation me rend vraiment malade, alors il va quand même falloir que cela cesse rapidement. Mais que faire ?

J’ai listé les qualités que devait avoir mon nouveau métier, quelles valeurs il devait avoir pour me convenir et me permettre de m’épanouir ? Alors voilà, je veux un métier utile à la société, avec un emploi du temps fixe ou régulier au niveau des horaires, un salaire stable tous les mois et un métier humain, vivant. A partir de là, j’ai cherché ce qui pouvait me correspondre et ce qui pouvait me plaire, puis j’ai pensé à la petite enfance. Par le passé, j’ai souvent été en contact avec des enfants, via la famille ou des petits boulots d’étudiante, alors grâce à ces petites expériences, je savais que c’était un métier qui pouvait me convenir.

Dans les jours qui ont suivi, j’ai réussi à m’inscrire dans une formation, parce que vous l’aurez compris, il était impératif pour moi de commencer au plus vite pour changer de voie. Voilà donc près de 8 semaines que je reçois à la maison, les cours et exercices qui me permettront de valider un CAP en juin 2019. Cette formation remplie tous mes critères: à distance, payable en plusieurs fois, à son rythme tout en ayant un suivi. Pourtant: je bloque.

J’ai essayé de comprendre pourquoi, pourquoi je n’y arrive pas alors que c’est mon choix ? Je crois que tout simplement, je n’avais pas réalisé l’ampleur de la tâche. Redevenir étudiante m’est obligatoire pour changer de voie, pourtant ce n’était pas un rêve de reprendre mes études à 26 ans. Je fais partie de ces statistiques disant que la nouvelle génération n’exercera pas le métier étudiée, obligeant à une réorientation dès 25 ans, faute d’autre solution.

Tout à l’heure je disais que je n’avais plus la force de plonger parmi les requins mais je crois que c’est ce que je fais, même si le combat est moins féroce. Apprendre des cours, recevoir des notes, passer des heures à écrire, faire des stages. Les 10 prochains mois vont être particulièrement long et laborieux, pour l’impatiente que je suis, cela va être difficile ! Je suis du genre impulsive, quand je veux quelque chose, j’aime l’avoir immédiatement ou dans un futur proche. Certes, vous me direz que 10 mois ce n’est rien, pourtant, j’aimerais faire avance rapide et commencer ma nouvelle vie maintenant. C’est ce que je veux, pour moi, pour nous, pour mes rêves, alors je m’en donnerais les moyens, même s’il me faut plus d’élan pour mieux me lancer. C’est seulement étrange de se voir changer et de le constater. Mais même si je n’ai plus la même force, aujourd’hui je sais où je vais et ça, ça n’a pas de prix.


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